1. Prévention renforcée et coordonnée
La BFC a depuis cinq ans multiplié les initiatives en direction des publics à risque. Citons :
- Programmes régionaux de dépistage – Déploiement élargi du dépistage des cancers (sein, colorectal, col de l’utérus), avec des caravanes mobiles dans les territoires ruraux. Sur la période 2021-2023, le taux de dépistage du cancer colorectal est passé de 26,9% à 32,4% en zones sous-denses (source : CRCDC BFC).
- Éducation à la santé – Le dispositif « La santé, ça s’apprend ! » mobilise écoles, MJC, centres sociaux, et adapte ses modules aux réalités de la Nièvre ou du Haut-Doubs : alimentation, tabac, alcool, égalité fille-garçon.
- Prise en charge des addictions – Le déploiement des CSAPA (Centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) vise à réduire l’impact de l’alcool et des drogues, notamment en Saône-et-Loire où on compte 1,5 fois plus d’hospitalisations pour alcoolisation aiguë que la moyenne nationale (ORS BFC).
2. Une nouvelle approche des inégalités territoriales
Un axe essentiel a été de “territorialiser” la prévention : ne pas appliquer un modèle unique, mais adapter chaque dispositif. Exemples concrets :
- Sensibilisation par la pair-aidance (ex : ateliers animés par d’anciens patients en Addictologie dans le Morvan).
- Création de Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS) itinérantes dans les villages du Doubs et de l’Yonne : aller au devant des personnes isolées.
- Financement de projets portés par les CPTS (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé) pour les jeunes en zone périurbaine.
Ce que cela implique pour la Bourgogne-Franche-Comté : le repérage précoce des situations à risque (isolement, précarité logement, non-recours aux droits) est désormais intégré dans certains protocoles des équipes locales (telles que les MAIA et SIRS – Services d’Intervention Rapide en Santé).
3. La prévention secondaire : détecter tôt, intervenir vite
- Dépistage organisé et ciblé : le Dossier Médical Partagé (DMP) est promu dans toutes les MSP (Maisons de Santé Pluridisciplinaires) et chez les infirmiers libéraux pour repérer en amont les situations chroniques ou les cancers naissants.
- Parcours de soins cancer : expérimentation de parcours accélérés (moins de 15 jours entre suspicion et bilan en oncologie) dans trois hôpitaux de proximité (Clamecy, Lons-le-Saunier, Montbéliard).
À partager dans vos réseaux : la télé-expertise pour le dépistage des lésions cutanées ou buccales, en soutien aux généralistes isolés, a permis d’augmenter de +15% les diagnostics précoces entre 2019 et 2023 (ARS BFC).
4. Aide à l’accès aux soins et coordination médico-sociale
Concrètement, pour la BFC, il s’agit souvent de “rabouter” les offres. En zone rurale, l’espoir ne vient pas forcément de nouveaux médecins, mais de meilleures articulations :
- Développement des consultations avancées itinérantes pour la santé mentale, maternité et addictions.
- Protocoles d’intervention précoce (Repérage du risque cardiovasculaire à partir de 40 ans dans les MSP rurales ; accompagnement renforcé post-sortie hospitalière).
- Activation des réseaux d’entraide locaux (mutuelles solidaires, associations d’aide aux aidants) dans la Nièvre et la Haute-Saône : enjeu d’aller vers les "invisibles".
À surveiller dans les prochains mois : la montée en puissance de l’“aller-vers” (équipes mobiles, véhicules sanitaires légers), qui pallient la désertification médicale et sociale. Exemple à suivre : le dispositif mutualisé “Prems” déployé par la CPTS Grand Auxerrois.