La santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, expliquée

Agir ensemble : la Bourgogne-Franche-Comté face au défi de la mortalité prématurée

La mortalité prématurée : pourquoi en faire une priorité régionale ?

La mortalité prématurée désigne les décès survenant avant 65 ans. C’est un indicateur fort de la santé d’un territoire. En France, selon Santé publique France (SPF), près d’un décès sur cinq survient prématurément (19,5 % en 2021). Ce chiffre masque de fortes disparités territoriales et sociales, et la Bourgogne-Franche-Comté (BFC) n’y échappe pas.

Dans notre région, la mortalité prématurée est depuis des années supérieure à la moyenne nationale, même si les écarts peuvent se resserrer sur certains territoires urbains. Les causes principales sont connues : cancers (en particulier broncho-pulmonaires), maladies cardiovasculaires, décès liés à l’alcool et accidents de la route. Ces décès sont pour partie évitables – c’est-à-dire qu’ils pourraient être réduits par des mesures de prévention, un accès rapide aux soins ou de meilleures conditions de vie.

Mortalité prématurée en Bourgogne-Franche-Comté : que disent les derniers chiffres ?

Ce que l’on observe dans la région, c’est une surreprésentation de la mortalité évitable : 38 % (contre 34 % en France) des décès prématurés pourraient être évités par des mesures effectives sur les comportements individuels, l’offre de soins et les conditions socio-économiques (INSEE, SPF).

À retenir : En Bourgogne-Franche-Comté, plus de 2 350 décès prématurés/an pourraient être différés ou évités. Cela touche d’abord les plus fragiles : bassins ruraux isolés, quartiers sociaux périurbains, professions manuelles.

Pourquoi agir maintenant ? Un contexte régional en mutation

À surveiller dans les prochains mois : la capacité de la région à maintenir des circuits de prise en charge efficients (urgences, oncologie, prévention, santé mentale) face à la démutualisation de certains services hospitaliers.

Quels leviers d’action mobilise le système de santé régional ?

1. Prévention renforcée et coordonnée

La BFC a depuis cinq ans multiplié les initiatives en direction des publics à risque. Citons :

2. Une nouvelle approche des inégalités territoriales

Un axe essentiel a été de “territorialiser” la prévention : ne pas appliquer un modèle unique, mais adapter chaque dispositif. Exemples concrets :

Ce que cela implique pour la Bourgogne-Franche-Comté : le repérage précoce des situations à risque (isolement, précarité logement, non-recours aux droits) est désormais intégré dans certains protocoles des équipes locales (telles que les MAIA et SIRS – Services d’Intervention Rapide en Santé).

3. La prévention secondaire : détecter tôt, intervenir vite

À partager dans vos réseaux : la télé-expertise pour le dépistage des lésions cutanées ou buccales, en soutien aux généralistes isolés, a permis d’augmenter de +15% les diagnostics précoces entre 2019 et 2023 (ARS BFC).

4. Aide à l’accès aux soins et coordination médico-sociale

Concrètement, pour la BFC, il s’agit souvent de “rabouter” les offres. En zone rurale, l’espoir ne vient pas forcément de nouveaux médecins, mais de meilleures articulations :

À surveiller dans les prochains mois : la montée en puissance de l’“aller-vers” (équipes mobiles, véhicules sanitaires légers), qui pallient la désertification médicale et sociale. Exemple à suivre : le dispositif mutualisé “Prems” déployé par la CPTS Grand Auxerrois.

Ce que ça change concrètement pour les acteurs de Bourgogne-Franche-Comté

Un exemple marquant : en Haute-Saône, la mise en place de marches exploratoires santé-citoyens a permis d’identifier six villages “oubliés” par les outils de prévention classiques. En réponse, des actions de dépistage et d’information mobile y ont été organisées, impliquant élus, écoles, et bénévoles locaux.

À retenir pour les acteurs de terrain :

Des freins encore présents… et des pistes pour accélérer

À surveiller : la généralisation du recours aux médiateurs en santé (ex-cadres de vie, retraités formés) et les coopérations transfrontalières (notamment dans le Pays de Montbéliard) pour améliorer le partage de bonnes pratiques et d’outils.

Perspectives régionales : des liaisons à renforcer pour demain

La BFC joue dans la cour des grands défis en santé publique. Les grandes tendances nationales sont là, mais les inégalités locales appellent des solutions cousues main. L’expérience montre : plus la réponse est concertée, plurielle et ancrée dans le réel, meilleurs sont les résultats.

La réduction de la mortalité prématurée ne dépend pas d’une mesure unique, mais d’une combinaison de leviers – prévention, accès, coordination. Ce que l’on peut retenir pour la Bourgogne-Franche-Comté, c’est que chaque acteur, chaque territoire a un rôle à jouer. Que l’enjeu central reste la capacité à repérer les “trous dans la raquette” régionale et à y répondre collectivement.

À suivre : les résultats des appels à projets ARS/CPAM “prévention de la mortalité prématurée” 2024, et l’intégration annoncée des outils territoriaux de l’Assurance Maladie et des collectivités.

Pour aller plus loin :

En savoir plus à ce sujet :