1. Les cancers liés au mode de vie : un poids considérable
Le cancer reste la première cause de mortalité prématurée évitable en BFC — comme au niveau national. Près d’un décès prématuré sur deux par cancer pourrait être évité, en particulier ceux attribués au tabac et à l’alcool.
- Cancer du poumon : taux de mortalité prématurée plus élevé qu’en moyenne nationale dans la Nièvre et l’Yonne – ici, la prévalence tabagique est supérieure à la moyenne française.
- Cancers des voies digestives : corrélation forte avec la consommation d’alcool, observée notamment dans la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire.
À retenir : La BFC affiche, selon l’INCA, une surmortalité par cancer évitable de 10 % par rapport à la moyenne nationale pour les hommes, principalement en secteur rural.
2. Les maladies cardiovasculaires : une réalité (trop) discrète
Les maladies de l’appareil circulatoire (infarctus, AVC) figurent en bonne place, avec une évolution contrastée selon les territoires :
- Saône-et-Loire, Nièvre, Jura : taux plus élevés, particulièrement chez les personnes vivant dans des territoires à faible densité médicale.
- Facteurs associés : tabac, hypertension, alimentation peu équilibrée, difficultés d’accès à une prise en charge rapide (notamment en dehors des grandes agglomérations).
Point d’alerte : le Haut-Doubs et le Pays Nivernais Morvan affichent régulièrement des indicateurs supérieurs à la moyenne BFC.
3. Les causes externes : accidents, suicides et violences
La mortalité par causes externes (accidents de transport, chutes, suicides, intoxications) représente près de 20 % de la mortalité prématurée évitable (ORS BFC).
- Suicides : la BFC se classe dans le tiers supérieur des régions françaises ; chiffres particulièrement préoccupants dans le Jura et la Nièvre, surtout chez les hommes de moins de 45 ans.
- Accidents de la route : risque accru chez les jeunes hommes, notamment en zone rurale ou péri-urbaine (déplacements domicile-travail, infrastructures routières, alcool…)
À surveiller dans les prochains mois : Les chutes mortelles chez les adultes jeunes et d’âge moyen (professionnels agricoles, ouvriers…), un sujet encore sous-documenté localement.
4. Les maladies chroniques liées à l’environnement et à l’habitat
On parle ici d’asthme, de BPCO, d’infections respiratoires aggravées par la pollution atmosphérique, le chauffage domestique (bois), l’habitat insalubre. La région, avec ses bassins industriels (Nord Franche-Comté) et la précarité énergétique dans de nombreux secteurs ruraux, n’est pas épargnée.
- Zones de vigilance : Territoire de Belfort, agglomération dijonnaise, vallée de l’Ognon.
Selon l’Observatoire régional de la santé (ORS), les épisodes de pollution participent à une surmortalité estimée à 350 décès prématurés par an en BFC.