Changement de profil épidémiologique
Avant même de parler d’épidémies, la migration change la structure d’âge (plus de jeunes actifs), l’origine géographique (diversification), le niveau d’éducation sanitaire et parfois la prévalence de certaines pathologies.
- Augmentation des maladies chroniques “importées” : Certaines populations récemment installées présentent des taux plus élevés de diabète de type 2, hypertension ou maladies cardiovasculaires, souvent liés à des déterminants sociaux (précarité, ruptures de soins).
- Risques infectieux spécifiques : La tuberculose reste rare en BFC (4 cas pour 100 000 habitants en 2022 – Source ARS BFC), mais des cas groupés ont été observés chez des populations migrantes venues d’Europe de l’Est ou de certains pays d’Afrique.
- Défi de la vaccination : Les données sur la couverture vaccinale montrent de vrais écarts chez les enfants de familles nouvellement arrivées, notamment pour la rougeole ou le HPV [Santé publique France, Couverture vaccinale BFC 2022].
Inégalités d’accès aux soins amplifiées
Les personnes arrivant dans la région, notamment en ruralité, rencontrent des difficultés spécifiques :
- Connaissance insuffisante du système de santé (horaires, droits, parcours de soins…)
- Barrière linguistique ou administrative, surtout pour les primo-arrivants ou les résidents non francophones
- Offre médicale déjà tendue dans certains secteurs (ex. : 35 % des communes de la Nièvre sont en zone d’intervention prioritaire ARS)
Ce que l’on observe dans la région : la file active de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) a progressé de 9 % dans les territoires accueillant davantage de nouveaux arrivants entre 2018 et 2023 [DREES, 2023]. Les acteurs du médico-social voient ainsi arriver des situations complexes : rupture de suivi pour maladies chroniques, enfants sans carnets de santé à jour, etc.
Besoins émergents en santé mentale
Un point peu visible mais préoccupant : de nombreux dispositifs régionaux de prévention santé mentale (PASS, SISM) signalent une hausse des demandes d’aide parmi les jeunes et adultes récemment arrivés, notamment étudiants internationaux et saisonniers agricoles. Isolement, insécurité, choc culturel : ces facteurs se retrouvent dans les motifs d’hospitalisation en psychiatrie en Côte-d’Or et dans le nord de la Saône-et-Loire, selon les rapports ARS 2022.