La santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, expliquée

Nouveaux habitants dans le sud de la Bourgogne-Franche-Comté : des besoins de santé à repenser

Un afflux de nouveaux habitants : tendance nationale, impact régional

Entre 2017 et 2022, la Bourgogne-Franche-Comté, comme une grande partie du centre-est de la France, connaît une dynamique démographique inédite dans plusieurs de ses départements du sud : Saône-et-Loire, Jura et Sud Côte-d’Or en tête, attirent de plus en plus de nouveaux habitants (source : INSEE, recensement 2022). Ce phénomène, porté par des mobilités résidentielles liées à la recherche d’un cadre de vie plus paisible, au développement du télétravail et à l’attractivité très forte du Mâconnais, du Chalonnais et du Pays de Gex, s’inscrit dans une réalité nationale, mais prend ici une résonance particulière par la configuration du territoire.

Ce que l’on observe dans la région : après des années de stagnation, voire de baisse, la population augmente dans certaines communes rurales ou périurbaines du sud régional, dépassant parfois la capacité actuelle des services publics, à commencer par la santé. Les villes moyennes (Mâcon, Chalon, Dole) voient leur bassin s’élargir : nouvelles familles, retraités actifs, urbains en quête de nature. Au total, on estime que, dans le sud de la BFC, plus de 17 000 nouveaux habitants se sont installés en cinq ans (source : INSEE, chiffres 2022, analyse territoriale BFC).

Quels profils arrivent et quelles conséquences pour la santé ?

L’âge moyen du nouvel arrivant s’établit autour de 38 ans, avec une tranche d’âge dominante : familles avec enfants (44 % des nouveaux ménages), mais aussi une hausse des installations après 60 ans. On compte également des actifs en télétravail, des jeunes en formation et quelques profils très âgés venus pour se rapprocher de leurs enfants ou d’un cadre de vie plus adapté.

Concrètement, l’élargissement du profil démographique change le paysage : l’offre de soins, jusqu’ici dimensionnée pour une population vieillissante et plutôt stable, doit maintenant absorber l’arrivée de familles, la croissance des suivis scolaires et l’enjeu du maintien à domicile pour les plus âgés.

Des territoires déjà sous tension : l’exemple du sud Saône-et-Loire et du Jura

Dans notre région, les zones du sud sont parmi les plus fragiles du point de vue de la démographie médicale ; c’est le cas à Louhans, Cluny, Saint-Amour ou Lons-le-Saunier. Selon l’ARS (bilan 2023), jusqu’à 31 % de la population de la Bresse ou du Revermont vit en zone d’intervention prioritaire du fait d’un déficit de médecins généralistes.

Ce que cela implique pour la Bourgogne-Franche-Comté :

À surveiller dans les prochains mois : l’installation de nouveaux professionnels ne suit pas encore la courbe d’arrivée des familles. Le risque ? Création de poches de désertification ponctuelles – plus difficiles à traiter ensuite – malgré l’attractivité croissante de ces territoires.

Accès aux soins : nouveaux besoins, freins persistants

Pour les collectivités, l’arrivée de nouveaux habitants ne va pas sans défis. L’augmentation de la demande en pédiatrie et le suivi préventif (dépistages scolaires, vaccination, bilans de santé enfants/adolescents) fait émerger des files d’attente inédites. Sur le terrain, plusieurs écoles du Clunisois ont par exemple sollicité des permanences de professionnels de santé pour répondre à l’afflux d’élèves – un besoin encore rarement anticipé dans les budgets communaux.

Ce n’est pas seulement l’offre médicale, mais le tissu global d’acteurs qui doit s’adapter : PMI (Protection maternelle et infantile), réseau périnatal, services sociaux, acteurs associatifs locaux sont sollicités au-delà de leur capacité usuelle.

Quelles réponses concrètes pour les acteurs de terrain ?

Concrètement, pour la BFC, que peut-on faire avec ces données ?

À qui cela s’adresse ? Aux élus locaux qui pilotent petite enfance, mobilités et équipements ; aux coordinations de CPTS (Communautés professionnelles territoriales de santé), maisons de santé, directeurs d’hôpitaux, acteurs du médico-social, mais aussi au secteur associatif impliqué dans la prévention ou l’accompagnement des personnes isolées.

Prendre en compte la santé dans l’aménagement local : une opportunité pour la région

Le mouvement de nouveaux arrivants constitue également une opportunité : relancer des projets pilotes (crèches reliées à des MSP, extension des équipes mobiles de prévention dans les bourgs ruraux en croissance, mobilités douces dédiées aux trajets santé), initier des partenariats avec les acteurs de la sphère numérique, ou encourager l’habitat intergénérationnel, qui favorise un accès au soin plus fluide pour tous.

Pour aller plus loin, l’équipe propose de s’appuyer sur des démarches qui ont fait leurs preuves ailleurs :

À retenir :

À partager dans vos réseaux. Cette dynamique régionale modifie la donne : elle invite à repenser localement l’égalité d’accès à la santé – et offre, à condition de s’organiser, la possibilité de mieux faire face aux défis à venir.

En savoir plus à ce sujet :