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Prévention et promotion de la santé : comment agir efficacement en Bourgogne-Franche-Comté ?

Contexte national : la prévention, un enjeu reconnu mais des inégalités qui persistent

Le virage préventif occupe une place grandissante dans toutes les politiques de santé. Depuis la loi du 26 janvier 2016 et la Stratégie nationale de santé 2018‑2022, la prévention s’impose comme un axe majeur, au même titre que le soin. Pourtant, la France investit structurellement moins dans la prévention (2% des dépenses de santé) que la moyenne européenne (près de 3%) – et surtout, les inégalités territoriales restent très marquées (Santé Publique France, DREES).

Derrière ces chiffres globaux se cachent de fortes disparités entre régions, entre quartiers urbains et campagnes, entre centres-bourgs et zones périurbaines. Si l’on ne raisonne pas local, les politiques restent souvent hors-sol pour les habitants comme pour les professionnels.

Ce que cela implique pour la Bourgogne-Franche-Comté

La Bourgogne-Franche-Comté (BFC) regroupe des territoires contrastés : des grands bassins urbains comme Dijon ou Besançon, un réseau dense de villes moyennes (Chalon, Montbéliard, Mâcon…), mais aussi des espaces ruraux qui couvrent plus de 60% de la surface régionale (INSEE). Dans la Nièvre, la Saône‑et‑Loire, ou le Jura, la prévention se heurte à l'éloignement géographique, à la désertification médicale et à des fragilités socio-économiques marquées. En 2022, 18% des habitants de BFC vivaient dans une zone de faible densité médicale (ARS BFC).

L’état de santé global varie aussi. L’espérance de vie à la naissance y est proche de la moyenne nationale mais la mortalité prématurée évitable (décès avant 65 ans qui pourraient être évités par la prévention ou les soins) est plus élevée que dans d’autres régions : le taux de mortalité prématurée évitable pour les hommes dépasse 116 pour 100 000 habitants en BFC, contre 105 sur la moyenne nationale (SPF, 2021).

Pourquoi s’y intéresser maintenant ?

Il est donc urgent de redonner toute sa place à la prévention et à la promotion de la santé, en adaptant les solutions aux réalités locales.

À qui s’adresse cet enjeu en Bourgogne-Franche-Comté ?

Quels leviers pour renforcer la prévention au niveau local ?

1. Ancrer la prévention dans les dynamiques locales

2. Prioriser les actions selon les besoins réels

Plutôt que d’appliquer des programmes “clés en main”, il s’agit d’adapter les priorités :

3. Miser sur l’aller-vers et la présence sur le terrain

4. Associer la population, donner la parole et co-construire

Les habitants sont trop souvent vus comme de simples bénéficiaires. Or, impliquer les habitants permet d’adopter un langage adapté et d’identifier des freins “invisibles” (transport, peur du jugement, absence de relais).

5. Mettre l’accent sur la continuité et la lisibilité des actions

Les freins à lever pour aller plus loin

Freins repérés Pistes pour les lever
Isolement des acteurs locaux, manque de temps Mise en réseau interprofessionnelle (CPTS, associations, forums départementaux)
Difficultés d’accès à l’information fiable et actionnable Centralisation des ressources sur des sites régionaux (ex : Veille Santé BFC, IREPS, ORS BFC)
Peu de moyens pour évaluer l’impact réel Formation à l’évaluation, mutualisation d’outils (grilles régionales, soutien ARS/IREPS)
Difficultés d’aller vers les publics éloignés Mobilisation de médiateurs santé et de pairs-relai, implication des usagers

Ce que l’on observe dans la région : bonnes pratiques et dynamiques émergentes

À retenir :

Ouverture : aller plus loin, c’est renforcer le collectif

La Bourgogne-Franche-Comté a déjà initié une dynamique de coopération en santé à l’échelle locale. Multiplier les espaces d’interconnaissance, outiller les professionnels, et impliquer les habitants : voilà les défis prioritaires. Le champ de la prévention gagnera à se rapprocher des préoccupations concrètes de terrain, à toutes les échelles : du quartier à la communauté de communes.

À surveiller dans les prochains mois : la montée en puissance des dispositifs “aller-vers”, les nouveaux focus sur la santé mentale et la prévention des conduites addictives, et la façon dont l’ensemble des collectivités pourront s’approprier ces enjeux dans la durée. À partager dans vos réseaux.

Sources essentielles : Santé Publique France, DREES, ARS BFC, ORS BFC, IREPS BFC, Assurance Maladie, INSEE, OFDT

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