Les inégalités d’accès aux soins constituent un marqueur fort des disparités de santé en France. Régulièrement documenté par Santé publique France et l’IRDES, ce constat s’impose tout particulièrement en Bourgogne-Franche-Comté. Notre région combine plusieurs défis : territoires ruraux vastes, vieillissement accéléré, zones à faible densité médicale. Mais concrètement, comment ces inégalités accroissent-elles les risques pour la santé individuelle et collective ?
À l’échelle nationale, le dernier rapport du Conseil national de l’ordre des médecins (2023) indiquait que 19 % des Français vivent dans une zone à accès restreint au médecin généraliste. Ce taux grimpe à près de 29 % si on considère certaines intercommunalités rurales de notre région (source : Observatoire Régional de la Santé BFC). Ce chiffre masque des disparités internes très marquées : la Nièvre, le Haut-Jura et le nord de la Haute-Saône sont parmi les territoires les plus vulnérables.
- Une moyenne régionale de 112 médecins généralistes pour 100 000 habitants (contre 139 au national, chiffres DREES 2022).
- 1 habitant sur 4 de plus de 60 ans vit dans une zone dite “sous-dotée” selon l’ARS BFC.
- Délai moyen pour obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste : 12,4 jours en Saône-et-Loire, contre 7,1 jours dans l’agglomération dijonnaise (Assurance Maladie 2023).
Ce sont plus que des statistiques : derrière chaque ligne de tableau, il y a des parcours de soin fragilisés, des diagnostiques retardés et un risque accru de complications.