La santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, expliquée

La Bourgogne-Franche-Comté : paysages contrastés, réalités sanitaires différenciées

Un territoire diversifié : pourquoi comparer urbain et rural ?

L’opposition entre zones urbaines et rurales en santé est classique, mais en Bourgogne-Franche-Comté (BFC), elle prend un relief particulier. Région à la fois vaste (avec huit départements) et peu densément peuplée, la BFC regroupe des villes dynamiques (Dijon, Besançon, Chalon-sur-Saône) et de larges espaces ruraux (Morvan, Bresse, Puisaye, plateaux du Haut-Jura, etc.). Cette hétérogénéité structure le quotidien des professionnels de santé, des élus locaux et des habitants.

Si l’on se fie à l’INSEE, un Bourguignon-Franc-Comtois sur deux vit dans une commune de moins de 2 000 habitants : c’est bien plus que la moyenne nationale (source : INSEE, 2021), et cela conditionne l’accès aux soins, à la prévention, mais aussi l’exposition aux déterminants sociaux de santé (ensemble de facteurs qui influent sur la santé des populations, comme le revenu ou l’éducation).

Pourquoi regarder de près ces contrastes ? Parce qu’ils conditionnent les politiques de santé, la répartition des ressources, et les innovations nécessaires pour améliorer la santé publique partout en BFC.

Accès aux soins : la variable géographique, un enjeu déterminant

Indicateurs de l’accessibilité : des écarts qui persistent

L’accessibilité aux soins reste le principal facteur différenciant entre zone urbaine et zone rurale. Le score SIRS (Synthèse de l’Indice de Rareté des Soins) utilisé par l’ARS dépeint une situation tendue dans la Nièvre, la Haute-Saône, et l’Yonne rurale.

Ce que l’on observe dans la région : Les fermetures administratives ou programmées de petits hôpitaux (par exemple à Clamecy ou Saulieu) accentuent les difficultés. Et le vieillissement des médecins généralistes est particulièrement marqué à l’ouest de la région – près de 50 % d’entre eux ont plus de 57 ans en Saône-et-Loire, contre 41 % en France métropolitaine (Assurance Maladie, 2022).

Des innovations, mais encore inégalement réparties

À surveiller dans les prochains mois : la territorialisation du Pacte Santé proposé par l’ARS, qui entend renforcer la présence médicale dans les zones sous-dotées, et le développement des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS).

Mortalité, santé perçue et inégalités régionales : des écarts silencieux

Mortalité prématurée et évitable : un gradient est-ouest

La mortalité prématurée évitable (décès avant 65 ans pouvant être prévenus, soit par la prévention primaire, soit par de meilleurs soins) est un indicateur clef pour saisir les contrastes. En BFC :

Ce que cela implique pour la région : Les campagnes de prévention doivent être pensées différemment selon le bassin de vie. Par exemple, la promotion du dépistage des cancers peine à atteindre les tranches rurales les plus éloignées des centres de santé de proximité.

Santé mentale et isolement : la vulnérabilité rurale

À retenir :

Déterminants sociaux, environnement et mode de vie : des logiques différentes

Revenu, emploi, mobilité : impacts croisés sur la santé

Le déterminant social de santé regroupe l’ensemble des facteurs socio-économiques qui influencent la santé. Voici ce que l’on observe en BFC :

Au passage, la ruralité ne rime pas toujours avec meilleure santé environnementale. Certains cantons agricoles cumulent pollution de l’eau par les nitrates et exposition aux pesticides, aggravant les risques pour des populations déjà fragiles (données : ARS BFC, 2023).

Mode de vie et habitudes : entre mythes et réalités

Politiques de santé : comment adapter l’action et qui sont les acteurs concernés ?

Des actions à prioriser selon les territoires

Des publics différents, une logique de coopération

La réponse ne peut pas être la même partout, ni portée par un seul type d’acteur. Les collectivités locales (communes, intercommunalités), les structures médico-sociales, les associations (ADMR, centres sociaux ruraux), mais aussi le secteur du transport et les acteurs culturels, doivent travailler en synergie. Exemple local : à Lure (Haute-Saône), un partenariat entre le centre communal d’action sociale et une association d’aide à domicile a permis de réduire les situations de rupture de soins pour 80 seniors sur l’année 2022.

La dynamique “aller vers” – aller au-devant des publics vulnérables – prend tout son sens dans ces contextes dispersés, notamment via les bus santé ou les équipes mobiles PMI (protection maternelle et infantile) en maternité.

Vers une santé publique régionale partagée : ce que ces contrastes impliquent

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