Certaines grandes campagnes nationales sont déclinées dans la région avec une coloration BFC spécifique, selon la situation sanitaire locale, les leviers et freins repérés sur le terrain. Voici les grandes familles de programmes pilotées ou financées par l’ARS, avec un zoom sur ce que cela signifie concrètement dans la région.
1. Programmes de vaccination : renforcer la couverture, lutter contre les risques épidémiques
- Vaccination des enfants et des publics précaires : BFC affiche encore des écarts de couverture vaccinale, en particulier pour le vaccin contre la rougeole et pour les rappels adultes (Source : Santé publique France, 2023).
- Focus Covid-19 et grippe : la région a mis en place des dispositifs mobiles dans le Morvan, en Haute-Saône et dans les quartiers de Sens ou Mâcon, pour toucher les publics les plus éloignés du soin.
- Nouveauté : des campagnes spécifiques contre le papillomavirus (HPV) dans les collèges dès la rentrée 2023, avec un objectif fort sur la Côte-d’Or et le Territoire de Belfort où la couverture était inférieure à la moyenne nationale (Données ARS).
À retenir : la BFC est la 3e région la moins couverte pour certains vaccins majeurs. Les acteurs locaux (collectivités, PMI, associations) sont ciblés pour porter des actions de proximité.
2. Dépistages organisés : cancers, diabète, IST
- Dépistage du cancer colorectal, du sein, du col de l’utérus : coordonnés par le CRCDC (Centre régional de coordination des dépistages des cancers). La Saône-et-Loire et la Nièvre montrent les taux de participation les plus faibles, avec une sous-participation de près de 15 points par rapport à la Côte-d’Or (CRCDC-BFC, 2023).
- Dépistages itinérants : des bus santé sillonnent la Creuse, la Nièvre, le Jura pour aller à la rencontre des habitants.
- Diabète et maladies chroniques : l’ARS appuie le développement de réseaux locaux, notamment en Bourgogne Sud, pour des bilans de prévention (Maison Sport-Santé, Ateliers Nutrition).
- Dépistage des IST et VIH : campagnes en milieux estudiantins à Dijon et Besançon, avec tests rapides et sessions d’information.
À surveiller : la baisse récente de participation au dépistage du cancer du sein, probablement post-Covid, questionne sur l’accès à l’information et aux structures, notamment en zone rurale.
3. Prévention des addictions : tabac, alcool, drogues, jeux
L’ARS structure des dispositifs en relais avec les acteurs associatifs, le secteur éducatif et le médico-social. Quelques points saillants en BFC :
- Programme « Moi(s) Sans Tabac » : fort relais auprès des entreprises, collectivités, lycées professionnels. Plus de 20 000 inscrits en 2023 dans la région (Tabac Info Service/ARS).
- Prévention du binge drinking chez les jeunes dans le Jura et la Saône-et-Loire : ateliers de la MILDECA, interventions dans les festivals ruraux.
- Accompagnement des publics en situation de précarité (personnes sans domicile, personnes sous main de justice) : partenariats ARS, structures d’accueil et CSAPA (Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie).
- Lutte contre les addictions numériques et jeux d’argent : axes émergents de l’ARS ; premiers dispositifs mis en place à Besançon et Dijon.
Ce que l’on observe dans la région : l’entrée dans l’alcoolisation précoce reste supérieure à la moyenne nationale, avec des pics en zone rurale (Source : Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives, 2023).
4. Santé mentale et prévention du suicide : une mobilisation régionale renforcée
La BFC est régulièrement classée parmi les régions à fort taux de tentatives ou d’actes suicidaires, en particulier chez les adolescents et personnes âgées (Santé publique France – Surveillance 2022). Face à ce constat :
- Déploiement du « VigilanS » : dispositif d’alerte et de suivi post-tentative, en partenariat avec les CHU de Dijon et Besançon, étendu en 2022 à la quasi-totalité des départements.
- Formations premiers secours en santé mentale : des sessions proposées aux enseignants, travailleurs sociaux en Côte-d’Or et dans le Territoire de Belfort.
- Actions spécifiques pour les agriculteurs (population particulièrement touchée dans le Morvan et le Charolais) : programmes ARS/MSA (Mutualité Sociale Agricole) de repérage et accompagnement.
Pourquoi il faut s’y intéresser maintenant : l’accès à des soins spécialisés reste un angle mort dans certaines zones rurales, alors que les besoins explosent (cf. rapport IGAS 2022 : « Inégalités de santé mentale dans les territoires fragiles »).
5. Prévention en faveur des jeunes : santé scolaire, sexualité, nutrition
- Programme « Parcours Santé Jeunes » : coordination d’actions éducatives de la 6e à la terminale, comprenant information sur la contraception, la santé mentale, la nutrition, l’estime de soi. Dijon, Dole et Sens en sont des terrains pilotes (ARS, 2023).
- Déploiement du Pass Santé Jeunes : plateforme régionale pour faciliter le recours aux consultations anonymes et gratuites (contraception, IST, addictions), en lien avec le réseau des Maisons des Adolescents.
- Prévention de l’obésité infantile et des troubles alimentaires : ateliers collectifs en milieu scolaire, campagne « Bouger+ en BFC » auprès des écoles rurales dans le Haut-Jura et la Nièvre.
Concrètement pour la BFC : Les actions ciblées sont intensifiées en vue de réduire des écarts préoccupants, par exemple un taux de surpoids infantile supérieur de près de 20 % dans certaines zones semi-rurales par rapport à la métropole dijonnaise (INSEE 2023).
6. Vieillissement : Prévention de la perte d’autonomie et promotion de la santé
- Dispositif ICOPE (OMS/ARS) : parcours de repérage et de prévention précoce de la fragilité pour les plus de 65 ans, avec un déploiement progressif dans les zones rurales à faible densité médicale (notamment en Haute-Saône et dans l’Yonne).
- Prévention des chutes : sessions de sensibilisation, ateliers d’équilibre et d’aménagement du domicile cofinancés par ARS et CARSAT.
- Maintien à domicile et soutien aux aidants naturels : partenariat avec les CCAS et MSA, accompagnement des proches, solutions de relais temporaires.
À retenir : la BFC est région « vieillissante » – un habitant sur quatre a plus de 60 ans – et cela s’accentue rapidement en zones rurales. La prévention de la perte d’autonomie devient donc un axe transversal et partagé, impliquant services sociaux, professionnels de santé, et municipalités.