La prévention est l’un des piliers de la stratégie nationale de santé. Depuis plusieurs années, le virage préventif est partout dans les recommandations (Ministère de la santé, Assurance Maladie, Haute Autorité de Santé, etc.). Or, la réalité du terrain reste contrastée : l’hôpital, souvent perçu comme le dernier recours ou l’espace de l’aigu, peine à être identifié comme acteur central de la prévention.
Les dernières orientations du Ségur de la Santé (2020) et du Plan national de santé publique (“Priorité prévention”, 2018-2022) ont pourtant insisté : il faut intégrer la prévention dans tous les temps de la prise en charge, pas seulement “avant” ou “après” l’hôpital. Cela concerne la lutte contre les récidives d’AVC, la prévention des infections associées aux soins, l’accompagnement des changements de modes de vie… Or les situations de notre région rendent ce défi encore plus aigu : vieillissement dans la Nièvre et la Haute-Saône, augmentation des maladies chroniques en Saône-et-Loire, désertification médicale à l’ouest de l’Yonne.
À retenir :
- L’hôpital concentre 30 % des dépenses de santé, mais la prévention y reste sous-développée (source : DREES, 2023).
- La Bourgogne-Franche-Comté, région à la fois vieillissante et rurale, est particulièrement concernée par la prévention des complications évitables.
- Seulement 4 % du budget hospitalier est fléché vers des actions de prévention (Ministère de la santé, 2022).