La santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, expliquée

Prévention nutritionnelle et activité physique : quels impacts mesurables pour limiter les décès évitables en Bourgogne-Franche-Comté ?

Comprendre les décès évitables : un défi de santé publique en mutation

Le concept de “décès évitables” est central en santé publique. Il désigne les décès prématurés qui pourraient être évités par la prévention primaire (réduction des expositions à risque comme le tabac, l’alcool, la mauvaise alimentation), la prévention secondaire (dépistage et prise en charge précoce) ou une meilleure organisation des soins. Santé publique France). Deux blocs de facteurs se détachent :

Ce que l’on observe en Bourgogne-Franche-Comté (BFC), c’est que les indicateurs de mortalité évitable sont souvent plus dégradés dans nos territoires ruraux, notamment en Haute-Saône, dans la Nièvre ou certains cantons du sud de l’Yonne. Les enjeux sont donc régionaux, pas seulement nationaux.

Nutrition, activité physique : quels leviers sur la mortalité ?

L’activité physique insuffisante et la mauvaise alimentation sont régulièrement pointées du doigt dans la littérature scientifique. Selon le rapport ONAPS 2023 (Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité), 1 Français sur 3 présente un niveau d’activité physique trop faible, avec une proportion encore plus marquée dans les classes d’âge avancé et les milieux ruraux. Parallèlement, Santé publique France (dossier nutrition) estime que la mauvaise alimentation et la sédentarité sont responsables de plus de 60 000 décès chaque année, principalement via les maladies cardiovasculaires, certains cancers et le diabète de type 2.

Département BFC % d’adultes insuffisamment actifs (ONAPS 2022) % surpoids/obésité (Source ARS BFC 2022)
Saône-et-Loire 38 % 53 %
Doubs 34 % 48 %
Nièvre 42 % 56 %
Jura 35 % 50 %

Concrètement, pour la BFC, ces chiffres confirment l’intérêt d’intervenir prioritairement dans les territoires où les deux facteurs se cumulent. L’effet “boule de neige” est net : plus la population est en surpoids et peu active, plus la mortalité prématurée (> 25 %) est forte (Portrait Santé ARS BFC).

Actualités et dynamiques nationales : ce que ça implique localement

Depuis la stratégie nationale de santé 2018-2022, les axes "nutrition" et "activité physique" sont inscrits comme priorités dans le Programme national nutrition santé (PNNS). De nouveaux référentiels sont sortis en 2023 concernant l’activité physique adaptée pour les maladies chroniques (HAS) et la promotion de l'alimentation dans les écoles. Mais que signifient ces priorités pour notre région ?

À surveiller dans les prochains mois : les financements ARS pour les parcours “activité physique sur ordonnance”, avec des appels à projets spécifiques pour le milieu rural et les quartiers prioritaires.

Des inégalités régionales marquées : les chiffres à retenir

Ce que l’on observe dans la région : la prévention nutritionnelle et l’accès à l’activité physique sont très dépendants des contextes locaux. Plusieurs écarts Nord/Sud et Urbain/Rural sont à souligner :

À retenir :

Agir localement : des leviers concrets pour les acteurs de terrain

Ce que cela implique pour la Bourgogne-Franche-Comté : il ne suffit pas de généraliser les campagnes nationales. Il faut adapter les réponses aux réalités des cantons, des villages, des quartiers.

Quelques exemples d’actions inspirantes en BFC :

Il ne s’agit pas de tout réinventer, mais de soutenir, d’amplifier et de valoriser les démarches locales déjà initiées.

Perspectives : comment consolider une culture commune de la prévention en santé ?

L’équipe l’observe année après année : réduire les décès évitables ne dépend pas que d’un message ou d’une intervention. Cela suppose trois ingrédients :

  1. Des indicateurs locaux, suivis et partagés (tableaux de bord de santé communaux, portrait santé des quartiers).
  2. Des solutions adaptées aux ressources de chaque territoire (mobilisation des maisons de santé pour l’APA en absence de gymnase, partenariats avec les restaurateurs pour améliorer l’offre locale).
  3. Une dynamique collaborative : élus, associations, professionnels santé, habitants et ARS doivent co-construire les réponses, sans cloisonnement.

Ce que l’on recommande d’ici 2025 :

À partager dans vos réseaux : pour faire évoluer les habitudes, la prévention nutritionnelle et l’activité physique doivent devenir des réflexes collectifs, portés à tous les échelons. Un enjeu qui concerne toutes les générations, tous les territoires et tous les métiers.

Sources principales : Santé publique France, ARS Bourgogne-Franche-Comté, ONAPS, INSEE, INSERM, URPS Médecins, Croix-Rouge Française, Observatoire régional Sport/BFC, HAS

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