La santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, expliquée

Comprendre et agir : l’impact des maladies cardiovasculaires sur la mortalité des moins de 65 ans en Bourgogne-Franche-Comté

Pourquoi parler de mortalité prématurée liée aux maladies cardiovasculaires ?

Quand on évoque la santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, il n’est pas rare que la question de la mortalité prématurée soit reléguée au second plan, derrière les grandes priorités nationales : cancers, accidents ou troubles psychiatriques. Pourtant, les maladies cardiovasculaires (MCV) restent, année après année, la première cause de décès avant 65 ans, devant les cancers chez les femmes, occupant la deuxième place chez les hommes (source : Santé publique France, Bulletin 2023).

En 2021, dans notre région, près de 18 % des décès avant 65 ans étaient liés aux maladies du cœur et des vaisseaux. Cela représente environ 600 personnes chaque année, dont la grande majorité aurait pu vivre plus longtemps si certains facteurs de risque avaient été mieux pris en charge (Source : ARS Bourgogne-Franche-Comté, Statistiques régionales).

La réalité régionale mérite d’être mise en lumière. Les inégalités territoriales sont marquées, entre les départements plus ruraux – Nièvre, Haute-Saône – et les zones urbaines comme Dijon ou Besançon. Or, ces chiffres ne sont ni abstraits ni inévitables. Ils ont un coût humain, social, économique, et appellent une mobilisation collective.

Maladies cardiovasculaires et mortalité avant 65 ans : de quoi parle-t-on ?

Sous le terme maladies cardiovasculaires, on regroupe l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’insuffisance cardiaque, certaines maladies du rythme, et des pathologies chroniques touchant les artères. Leur point commun : elles peuvent évoluer longtemps sans symptôme, puis se manifester brutalement, souvent de manière fatale, surtout avant 65 ans.

La mortalité prématurée désigne les décès survenus avant 65 ans. On distingue la mortalité dite évitable, liée à des causes sur lesquelles on peut agir (prévention primaire, accès aux soins, organisation du territoire).

Tableau : Mortalités cardiovasculaires prématurées, par département (BFC, 2021)

Département Taux pour 100 000 habitants Variation vs. Moyenne BFC
Nièvre 48 +30 %
Haute-Saône 44 +22 %
Saône-et-Loire 43 +19 %
Doubs 35 -3 %
Côte-d’Or 32 -10 %
Yonne 39 +8 %

Donnée : Assurance Maladie, 2022

Pourquoi la Bourgogne-Franche-Comté est particulièrement concernée ?

Concrètement, notre région cumule plusieurs facteurs favorisants :

Ce que l’on observe dans la région, c’est que les décès prématurés ne sont pas une fatalité liée à la seule biologie ou au « hasard génétique » : ils traduisent surtout le cumul de désavantages sociaux et territoriaux.

Quels facteurs de risque sont à surveiller pour réduire ces décès prématurés ?

Trois facteurs de risque principaux sont retrouvés dans la quasi-totalité des décès cardiovasculaires prématurés :

  1. Le tabagisme: encore présent chez plus de 25 % des moins de 65 ans en BFC (Source : Baromètre Santé ARS/ORS, 2021), avec des taux encore plus élevés dans les milieux ouvriers et agricoles.
  2. L’hypertension artérielle : près de 1 adulte sur 5, dont la moitié l’ignore souvent avant la survenue d’un infarctus ou d’un AVC.
  3. La sédentarité : près de 40 % de la population adulte ne respecte pas les recommandations d’activité physique minimale, voire dépasse 50 % dans certains villages ruraux mal desservis (ORS BFC).

S’ajoutent l’obésité (prévalence de 17 % en BFC vs 15 % France entière), le diabète (surtout dans la Nièvre et Saône-et-Loire), le stress professionnel, et la faible reconnaissance des symptômes d’alerte.

Ces facteurs sont bien connus. Ce qui change la donne en BFC, c’est leur accumulation chez les mêmes personnes, et leur lien avec le territoire : un habitant isolé, actif précaire, en surpoids et tabagique à Montsauche (Nièvre) a un risque cumulatif bien supérieur à celui d’un cadre dijonnais.

À retenir : facteurs modifiables et déterminants sociaux

Quels leviers d’action en région pour réduire la mortalité prématurée cardiovasculaire ?

Face à ces chiffres, il ne suffit plus d’agir uniquement en soins ou en urgence. La clé, c’est la prévention, coordonnée et territorialisée.

Pour les collectivités et institutions locales :

Pour les professionnels de santé et le médico-social :

Pour le tissu associatif, l’éducation populaire, entreprises :

Exemples d’actions inspirantes dans la région :

À surveiller dans les prochains mois

Ce qu’il faut retenir pour agir

À partager dans vos réseaux. C’est un enjeu collectif. Une région en meilleure santé, c’est aussi une région plus inclusive, attractive, solidaire.

Sources : Santé publique France, ARS Bourgogne-Franche-Comté, INSEE, Assurance Maladie, ORS BFC, Conférence des financeurs santé publique.

En savoir plus à ce sujet :