Sur le terrain régional, l’action ne peut reposer sur une seule catégorie d’acteurs. Le « maillage » passe par trois grands blocs : le pilotage institutionnel (Départements, ARS), les opérateurs de terrain (SAAD, SSIAD, CLIC, réseaux gérontologiques, associations) et l’innovation sociale locale.
Les départements, pilotes opérationnels
En France, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) à domicile reste le principal dispositif de soutien financier. Gérée par les Conseils départementaux et financée à hauteur de 92 % par eux (CNSA, 2022), elle couvre les frais liés à l’accompagnement, à l’achat d’aides techniques ou à l’adaptation du logement.
- En BFC, les dépenses d’APA à domicile ont progressé de +22 % entre 2014 et 2021 (banque de données CNSA), signe d’un recours croissant mais aussi, parfois, d’une difficulté à suivre le rythme de la demande.
- Chaque département relève aujourd'hui d'importantes listes d’attente pour l’attribution des plans d’aide, surtout dans les zones moins denses (ex : plus de 200 demandes en attente en Haute-Saône lors de pics saisonniers).
À noter : les critères d’éligibilité et de révision des plans d’aide, pourtant encadrés nationalement, peuvent varier dans leur application locale, selon les marges de manœuvre (budget, organisation interne) des territoires.
Réseaux de soins et services à domicile : une carence de professionnels aggravée en zone rurale
Le maintien à domicile nécessite un « éco-système de proximité » : aides à domicile, infirmier·e·s, ergothérapeutes, médecins généralistes… Or, la région accuse un déficit marqué : le nombre d’aides à domicile en équivalent temps plein pour 100 personnes âgées est inférieur à la moyenne nationale dans la Nièvre et la Haute-Saône (Données DREES, 2021).
- La pénurie de personnel, le turnover et les difficultés de recrutement constituent une menace structurelle. Dans le Doubs, 30 % des postes d’aide à domicile sont non pourvus sur certains territoires (ARS, 2023).
- Les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile) doivent aussi gérer le vieillissement de leurs propres salariés : près de 40 % ont plus de 50 ans.
- À surveiller : la stabilité du secteur dépend largement du financement pérenne et de l’attractivité pour les jeunes actifs.