Agir sur l’offre médico-sociale exige d’abord de clarifier les priorités : développer partout tout, ou cibler là où la croissance démographique est la plus forte et l’isolement le plus aigu ? L’équipe recommande d’articuler les réponses autour de trois axes principaux.
1. Soutenir le virage domiciliaire adapté à nos réalités territoriales
- Généraliser les services d’aide à domicile mutualisés entre petites communes : des expérimentations réussies sont déjà menées dans l’Autunois ou le Charolais.
- Développer les habitats inclusifs facilitant la vie collective tout en maintenant une forme d’indépendance (cf. projet “Bien vivre chez soi” à Lure, ou résidence partagée à Nevers).
- Investir dans le matériel connecté (télésurveillance, e-santé) et former les intervenants aux nouveaux usages adaptés au grand âge.
2. Mieux structurer les parcours, décloisonner sanitaire et médico-social
- Renforcer l’articulation hôpital/EHPAD/domicile, particulièrement au niveau des coordinations territoriales d’appui.
- Déployer largement les équipes mobiles gériatriques, efficaces là où l’offre médicale est absente (canton d’Arnay-le-Duc, secteur rural de Toulon-sur-Arroux).
- Piloter le développement d’interfaces numériques permettant de partager les plans d’aide entre tous les acteurs concernés.
3. Répondre au choc des ressources humaines
- Déployer des aides à l’installation et des dispositifs d’attractivité dans les zones sous-dotées en personnels médico-sociaux.
- Soutenir l’ingénierie de formation régionale (blocs de compétences pour AS-G et AVS, valorisation des temps partiels, tutorat), appuyée sur les filières locales des IFSI et GRETA.
- Encourager l’innovation sociale, comme les groupements d’employeurs portés par des EPCI ou les “ententes intercommunales” pour la gestion des remplacements en secteur rural.
À retenir :
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La BFC vieillit plus vite que la moyenne française ; le défi des plus de 80 ans est déjà là, en particulier dans les territoires ruraux et intermédiaires.
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L’offre médico-sociale progresse mais reste parcellaire et expose de fortes inégalités, qui se creusent à la faveur de la crise RH.
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Les solutions de demain ne seront viables que si elles partent du terrain, avec davantage d’interconnaissance entre acteurs, d’initiatives coordonnées, et une mobilisation renouvelée autour des métiers du grand âge.
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Les collectivités locales et porteurs de projets trouveront, dans la dynamisation de l’écosystème régional, des leviers d’action concrets à essaimer sur l’ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté.
À surveiller dans les prochains mois : la mise en œuvre du nouveau schéma régional de santé (2024-2029), l’attractivité des métiers de l’autonomie (campagnes ARS - Conseil régional), et les résultats des expérimentations d’habitat accompagné. À partager dans vos réseaux pour alimenter le débat et amplifier les solutions innovantes.
Sources principales : INSEE, ARS Bourgogne-Franche-Comté, DREES, Assurance Maladie, ORS BFC, FNAAFP, CSA, DRESS - Statistiques des EHPAD, Assises du Grand Âge.