Le vieillissement modifie tout : types de pathologies prises en charge, intensité de la demande, organisation des soins de ville comme de l’hôpital, équilibre entre prévention, soins de réadaptation et accompagnement du grand âge.
1. Des besoins de soins en nette augmentation
- Chronicisation des maladies : Plus d’un quart des habitants de BFC de plus de 60 ans présentent au moins deux maladies chroniques (hypertension, diabète, insuffisance cardiaque, polyarthrite…) (Santé publique France).
- Hausse des hospitalisations : Les admissions pour affections longues durées (ALD) ont augmenté de 35% en Bourgogne-Franche-Comté sur la dernière décennie (Assurance Maladie). Les séjours pour accident vasculaire cérébral ou fractures du col du fémur y sont surreprésentés.
- Multiplication des polypathologies : La gestion simultanée de plusieurs affections devient la norme, nécessitant une approche « gériatrique » globale qui mobilise médecins, infirmiers, aides à domicile, kinésithérapeutes…
2. Une pression accrue sur l’offre de soins et les ressources humaines
Déserts médicaux, tension dans les services d’urgences, délais pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste – le vieillissement va intensifier ces problématiques déjà criantes en BFC, particulièrement en zones rurales.
| Taux de médecins généralistes pour 100 000 habitants (2022) |
Population de 65 ans et + |
| Nièvre : 82 |
33% |
| Jura : 89 |
31% |
| Doubs : 100 |
20% |
- Effet de ciseaux inquietant :
- La génération des soignants vieillit aussi : la moitié des médecins libéraux auront plus de 60 ans d’ici 2030 en BFC (Conseil national de l’Ordre des médecins).
- Les besoins explosent alors que les ressources déclinent, en particulier dans la prise en charge du domicile et des Ehpad.
3. L’enjeu clé de l’accompagnement à domicile
80% des plus de 75 ans souhaitent vivre le plus longtemps possible chez eux (CNSA). Or, la région compte de nombreux territoires isolés ou à faible densité d’aides à domicile, ce qui freine l’accompagnement et le maintien à domicile.
- Tensions sur les services d’aide à domicile : difficultés de recrutement et turn-over élevé, notamment en Haute-Saône et dans le sud de l’Yonne.
- Adaptation insuffisante du logement : seulement 6% des habitations principales en BFC sont pleinement adaptées au grand âge (DREAL BFC).
- Risques accrus de ruptures de parcours : les familles peinent à coordonner les intervenants, et la fracture numérique aggrave l’isolement des plus âgés, notamment dans la Nièvre rurale.
4. Les structures médico-sociales sous tension
Le maillage en établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad, SSR, USLD) n’est pas homogène. Certains départements (Jura, Saône-et-Loire) présentent un taux de places inférieur à la moyenne nationale. Résultat : files d’attente, demandes d’admission non satisfaites, pression accrue sur les proches aidants.
- Besoins d’investissement dans la rénovation des Ehpad et le développement d’offres alternatives : petites unités de vie, habitat inclusif, etc.
- Problématique de recrutement d’aides-soignants et d’infirmiers diplômés persistante en BFC, avec taux de vacance de postes parfois supérieurs à 20% (ARS BFC).