Des profils spécifiques : qui sont les frontaliers concernés ?
- Ages : la majorité des frontaliers a entre 25 et 54 ans (source : INSEE). Mais la question de la santé concerne aussi leurs familles, enfants et parents dépendants restés en France.
- Densité : les plus fortes concentrations sont dans le Pays de Montbéliard, le secteur de Pontarlier, et le Haut-Doubs rural.
- Mobilité médicale : nombre de frontaliers choisissent une partie de leurs soins en Suisse, mais la majorité reste suivie par des professionnels français (pour les suivis de grossesse, certains actes spécialisés, etc.).
Double affiliation, LAMal ou CMU : un choix qui détermine le parcours de soins
Depuis 2015, les travailleurs frontaliers doivent opter entre deux systèmes d’assurance maladie :
- La CMU française (Couverture Maladie Universelle)
- La LAMal suisse (assurance maladie obligatoire en Suisse)
Ce choix structure l’accès et le remboursement des soins, mais n’est pas figé : une mobilité professionnelle (chômage, changement de statut) peut rebattre les cartes.
En 2022, près de 75 % des frontaliers BFC avaient opté pour la CMU selon le CLEISS, mais la LAMal reste privilégiée pour certaines situations (soins lourds, temps d’attente réduits côté suisse, meilleurs remboursements sur certains postes).
Quels impacts sur les soins de premier recours ?
- Médecins généralistes : dans le Haut-Doubs, on constate une tension aggravée sur la disponibilité des médecins, car une partie suit des patients à double affiliation, générant une complexité administrative supplémentaire (source : ARS, 2023).
- Soins non programmés : certains frontaliers, faute de créneaux en France ou par facilité, se tournent vers les urgences suisses – avec retour direct de facturation pour la CMU.
- Dentistes et spécialistes : forte attractivité de l’offre suisse, jugée plus accessible ou réactive sur certains soins spécifiques (ophtalmologie, stomatologie…), mais avec un reste à charge non négligeable.