Les comportements de santé, encore très genrés
Plusieurs comportements à risque, en BFC comme ailleurs, restent statistiquement plus fréquents chez les hommes : tabagisme régulier, consommation excessive d’alcool, usage de drogues, faible recours à la prévention. L’ORS Bourgogne-Franche-Comté signale que 28% des hommes fument quotidiennement, contre 21% des femmes (2022). Ce différentiel nourrit le surcroît d’accidents, de pathologies chroniques et de cancers chez les hommes, notamment dans les zones périurbaines du Doubs et du Pays de Montbéliard.
Chez les femmes, d’autres vulnérabilités apparaissent (cancers du sein/col de l’utérus, troubles psychiques, exposition aux violences conjugales), souvent sous-déclarées ou tardivement prises en charge. Ce qui explique la forte part de pathologies évitables en zone rurale, où le suivi gynécologique ou psychologique décroît une fois passés 45 ans.
Les déterminants sociaux de santé : un effet ciseau pour les femmes
La BFC connaît une démographie vieillissante – 23% de la population a plus de 65 ans, et parmi elles, les femmes vivent souvent plus longtemps, mais en moins bon état de santé fonctionnelle. Les femmes seules de plus de 75 ans représentent ainsi 14% de la population bourguignonne, particulièrement vulnérables à la précarité énergétique, à l’isolement, à la dépendance et au non-recours aux droits (Cartographie ARS).
Facteur aggravant : près de 70% des familles monoparentales sont portées par des femmes dans la région (INSEE, 2021), avec un risque accru de précarité, de troubles psychiques, de stress chronique et d’accès restreint au soin. Ce constat est particulièrement fort dans l’Yonne et la Nièvre, où la précarité féminine se conjugue aux inégalités d’accès à la santé.
Exposition professionnelle et charge mentale : des différences ancrées
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Hommes : surreprésentation dans les secteurs à accidents (bâtiment, transports), temps de travail plus long, travail de nuit plus fréquent – ce qui explique en partie leur surmortalité prématurée.
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Femmes : surreprésentation dans les métiers du soin, du lien social et de la “première ligne”, sous-valorisés et précarisés (aides à domicile, personnel soignant, assistantes maternelles), particulièrement en ruralité.
L’étude ARS/SPF sur la “santé au travail” en BFC pointe ainsi une prévalence élevée des troubles musculosquelettiques et du burn-out chez les femmes de la région, notamment dans le secteur médico-social.