Des écarts marqués… et stables dans le temps
Le niveau d’éducation reste aujourd’hui un puissant facteur prédictif de l’état de santé. Les études de Santé Publique France (SPF) et de la DREES montrent qu’en France, l’espérance de vie à 35 ans d’un homme sans diplôme est inférieure de près de 6 années à celle d’un diplômé du supérieur ; l’écart est de 3,5 ans chez les femmes (source DREES 2023).
En Bourgogne-Franche-Comté, les chiffres sont comparables à la moyenne nationale, avec des différences en interne liées à l’histoire industrielle (bassin minier en Saône-et-Loire, désindustrialisation dans le Territoire de Belfort) ou à la conjoncture démographique. On note également :
- Une surmortalité prématurée évitable (avant 65 ans et liée à des causes évitables) nettement plus importante chez les personnes peu ou pas diplômées. Un enjeu fort dans le Creusot-Montceau et le nord de la Nièvre (cf. INSEE : géographie de la mortalité).
- Un recours aux soins moins important chez les moins diplômés, en particulier pour certains dépistages (cancers, diabète… : source ARS-BFC 2022).
- Un taux de maladies chroniques plus élevé, en lien avec la précarité éducative mais aussi le cumul d’autres facteurs (emploi, logement, isolement social).
Quel impact de l’âge ?
L’avancée en âge amplifie certains effets du niveau d’éducation. Par exemple, la prévalence du diabète ou des maladies cardiovasculaires est significativement supérieure, dès 45-50 ans, chez ceux qui ne possèdent aucun diplôme (cf. SPF – Baromètre santé). Les inégalités de santé mentale, souvent moins visibles, sont aussi concernées : l’accès à la prévention ou à l’accompagnement psychologique reste lié au capital scolaire et social.
Dans une région où plus de 25 % des habitants auront plus de 65 ans d’ici 2030 (projection INSEE), la question des inégalités d’âge recoupe directement les enjeux éducatifs des générations passées et présentes.