La santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, expliquée

Croissance urbaine à Dijon et Besançon : quelles implications concrètes pour la santé en Bourgogne-Franche-Comté ?

Pourquoi parler aujourd’hui de la croissance urbaine à Dijon et Besançon ?

La question urbaine prend une dimension nouvelle ces dernières années en Bourgogne-Franche-Comté. Dijon et Besançon, capitales régionales et pôles universitaires, concentrent le dynamisme démographique d’une région peu densément peuplée (59 hab/km² en moyenne, INSEE 2023). Entre 2010 et 2019, l’aire urbaine dijonnaise a gagné plus de 16 000 habitants, Besançon environ 8 000, quand des territoires comme la Nièvre ou le Haut-Jura voient leur population stagner, voire diminuer.

Au-delà des statistiques, la croissance urbaine transforme le quotidien : rythmes de vie, mobilité, logement, qualité de l’air… et de facto, la santé. Que valent alors les alertes nationales (plan cancer, pollution, inégalités sociales…) dans le contexte précis de nos cités régionales ? À qui cela pose-t-il problème, et que peut-on impulser localement ? Voici les principaux enjeux, passés au crible régional.

Pollution urbaine : un impact sanitaire documenté localement

Conséquences sanitaires locales : la hausse des maladies respiratoires (asthme, bronchites chroniques), mais aussi les pathologies cardio-vasculaires, touchent particulièrement les enfants et personnes âgées des quartiers les plus denses. Selon Santé publique France, l’exposition chronique aux PM2.5 dans l’agglo dijonnaise entraîne une perte d’espérance de vie de 7 à 9 mois pour les plus de 30 ans.

Logement et santé : le revers caché de l’attractivité urbaine

À Dijon comme à Besançon, le marché locatif est sous tension : augmentation des loyers, réduction des logements abordables ou adaptés aux familles modestes. Le taux de suroccupation (plus de personnes que de pièces disponibles selon les normes de l’INSEE) dépasse 6 % à Dijon centre et 5 % à Planoise, contre une moyenne régionale de 2,7 %.

Quels liens avec la santé ? Les personnes qui vivent dans un logement dégradé présentent plus de risques d’affections respiratoires, de troubles du sommeil voire de dépression—des écarts qui persistent, même à niveau de revenus égal (ministère de la Santé, fiche “Habitat et santé”). Sans des politiques de rénovation efficaces localement, l’attractivité urbaine aggrave la précarité énergétique et sanitaire.

Accès aux soins et disparités intra-urbaines : vigilance maximale

On pense souvent que la ville facilite l’accès aux professionnels de santé. Pourtant, derrière la densité médicale moyenne (537 médecins pour 100 000 habitants à Dijon, 519 à Besançon), se cachent de fortes inégalités.

Quartier Dijon (pro/pour 100 000 hab) Besançon (pro/pour 100 000 hab) Zones rurales en périphérie
Centre-ville 790 730 /
Quartier prioritaire 420 460 180
Périphérie rurale 250 230 150

À Dijon (quartier Fontaine d’Ouche, Grésilles) comme à Besançon (Planoise, Clairs-Soleils), le renoncement aux soins pour raisons financières ou d’attente est supérieur à la moyenne régionale (18 % vs. 13 % selon l’ORSBFC). Cela touche en priorité :

Concrètement pour les acteurs locaux :

Mobilité et inégalités d’accès à la ville-santé

Le recours à la mobilité douce (tram, vélo, marche) progresse régulièrement à Dijon (22 % des déplacements domicile-travail en 2022), moins à Besançon (15 %), selon l’AUDeBesançon.

Pourtant, la dépendance à la voiture demeure élevée, notamment pour les habitants de la première couronne (Chenôve, Fontaine-lès-Dijon, Chalezeule…), où les équipements de santé et de prévention sont moins nombreux et parfois difficilement accessibles sans véhicule. Cela induit :

À surveiller dans les prochains mois :

La croissance urbaine aggrave-t-elle les inégalités sociales de santé en BFC ?

C’est la question centrale. Car, si la ville présente des atouts (proximité des hôpitaux universitaires, richesse d’offre de prévention), les écarts se creusent aussi. Les indices d’inégalités sociales de santé (déterminants sociaux de santé, au sens de l’OMS) restent élevés dans les deux aires urbaines :

Impossible d’imputer ces chiffres à un seul facteur. Mais l’effet “ciseaux villes-campagnes” se retrouve même à l’intérieur des métropoles. Politiques locales (politique de la ville, déploiement des CPTS—Communautés professionnelles territoriales de santé), initiatives associatives et nouveaux modes de concertation (ex : conseil local de santé mentale), tous jouent un rôle : la croissance urbaine n’est pas une fatalité, mais nécessite anticipation et adaptation.

Levier d’actions pour prévenir les impacts négatifs

Face à cette complexité, que peuvent faire les acteurs de santé publique, collectivités et associations en Bourgogne-Franche-Comté ?

À partager dans vos réseaux : Les inégalités de santé liées à la croissance urbaine ne relèvent pas que des grandes villes, mais impactent toute la Bourgogne-Franche-Comté. Agir ensemble, c’est anticiper demain des villes plus inclusives et favorables à la santé de tous.

Ce qu’il faut retenir pour la Bourgogne-Franche-Comté

À surveiller dans les prochaines années : l’impact des nouveaux plans urbains, les effets des crises (climat, logement) et les expérimentations locales pour rééquilibrer l’accès à la santé. Sentinelles Santé BFC continuera à décrypter pour vous l’évolution des dynamiques régionales.

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