La santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, expliquée

Agir concrètement contre les maladies chroniques : le rôle-clé des Contrats Locaux de Santé en Bourgogne-Franche-Comté

Contextualiser l’action : maladies chroniques et organisation locale

Les Contrats Locaux de Santé (CLS) sont devenus un levier central dans la réponse aux maladies chroniques à l’échelle des territoires. L’Organisation mondiale de la santé définit les maladies chroniques comme des affections de longue durée, évolutives, nécessitant une prise en charge sur plusieurs années : diabète, maladies cardiovasculaires, cancers, maladies respiratoires chroniques, etc. En France, près de 20 millions de personnes sont concernées (source : Assurance Maladie 2023). La région Bourgogne-Franche-Comté (BFC), du fait de son profil démographique – plus de 23 % des habitants ont plus de 65 ans (INSEE 2021) – est particulièrement exposée. Les inégalités territoriales en santé, la part importante de milieu rural (près de 60 % de la population selon l’INSEE), et la forte prévalence de certains facteurs de risque (tabagisme, obésité) accentuent le phénomène.

L’actualité nationale l’a rappelé : la lutte contre les maladies chroniques exige un pilotage de plus en plus fin et coordonné entre acteurs santé, collectivités et structures de prévention. Or, c’est précisément là que les CLS, cadres de collaboration signés entre l’ARS (Agence régionale de santé), les collectivités et d'autres partenaires locaux, trouvent tout leur sens.

Ce que recouvre un Contrat Local de Santé en 2024

Un CLS est un outil de contractualisation territoriale. Il cible prioritairement la réduction des inégalités de santé, l’accès aux soins, la prévention et la promotion de la santé. Signé pour 3 à 5 ans, il mobilise autour d’un diagnostic partagé du territoire : quels sont les besoins, quels acteurs s’impliquent, quelles priorités ressortent ? En 2024, on recense plus de 40 CLS actifs en BFC, couvrant des territoires urbains (Dijon Métropole, Grand Besançon), mais aussi de nombreux territoires ruraux ou enclavés (Autunois-Morvan, Bresse-Louhannaise, Sud Nivernais, etc.).

Concrètement, pour la BFC, un CLS n’est pas juste un texte : c’est la traduction, sur le terrain, des grandes orientations en santé publique. Il adapte les recommandations nationales à la réalité locale.

Comment la lutte contre les maladies chroniques s’intègre-t-elle dans les CLS ?

C'est en analysant le contenu des CLS déjà signés sur notre territoire qu’on comprend leur valeur ajoutée. Voici les trois grands modes d’intégration identifiés :

1. Actions de prévention ciblées et contextualisées

2. Amélioration des parcours de soins et de l’accompagnement

3. Travail sur les déterminants sociaux de la santé

Zoom sur la Bourgogne-Franche-Comté : disparités et dynamiques locales

Ce que l’on observe dans la région, c’est une diversité d’approches, qui épouse les réalités locales :

Département Maladie chronique cible Action CLS phare
Nièvre Maladies respiratoires Parcours “logement-santé-tabac” et ateliers d’éducation thérapeutique dans les collèges
Doubs Diabète Déploiement de bus de dépistage, et mentorat pour le suivi nutritionnel dans les quartiers prioritaires
Saône-et-Loire Maladies cardiovasculaires Clubs de marche intergénérationnels, suivi coordonné ville-campagne par les réseaux de santé
Jura Affections de longue durée (ALD) Partenariats entre centres sociaux, maisons de santé et pharmacien référent

Pourquoi s’y intéresser aujourd’hui ?

Acteurs concernés : qui a un rôle dans la démarche CLS ?

À surveiller dans les prochains mois

À retenir pour les réseaux locaux

Aujourd’hui, la réussite de la lutte contre les maladies chroniques dépend autant de nos capacités à coordonner localement qu’à inventer collectivement des solutions sur mesure. À partager dans vos réseaux – et surtout, à discuter localement pour adapter ces exemples à vos propres enjeux de terrain.

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