1. La Nièvre intérieure : isolement maximal
Ici, l’enjeu n’est pas seulement le nombre de médecins mais l’accès total aux soins (spécialistes, auxiliaires, etc.). Avec une densité de population parmi les plus faibles de France, des villages vieillissants et des centres-bourgs désertés, la Nièvre intérieure (Cosne, Château-Chinon, Clamecy) cumule tous les facteurs de sous-dotation.
Un chiffre marquant : en 2023, sept communes sur dix n’avaient plus de médecin traitant en exercice (ARS). Beaucoup d’acteurs témoignent aussi de renoncements aux soins dentaires ou kinésithérapie, particulièrement chez les seniors.
Nous voyons ici l’effet d’un isolement de plus en plus structurel, difficile à résorber uniquement par des mesures d’incitation financière.
2. Sud Haute-Saône : la spirale du départ
Au sud de la Haute-Saône (autour de Gray), la situation s’aggrave depuis dix ans. La proximité de Besançon n’a pas joué le rôle de pôle d’attraction attendu. Les rares maisons de santé peinent à recruter. La moitié des médecins généralistes en poste a dépassé l’âge de 62 ans (données ARS 2023). Les délais d’attente pour un rendez-vous s’élèvent à 3 semaines minimum, parfois plus pour les spécialistes.
3. L’Auxois et la campagne dijonnaise : une fragilité silencieuse
A l’ouest de Dijon, dans l’Auxois et la campagne dijonnaise, le tissu médical s’érode doucement. Ici, les chiffres sont moins spectaculaires, mais la tendance est préoccupante : les départs à la retraite ne sont que partiellement compensés.
À surveiller : l’installation de jeunes MG demeure très faible. Le risque, selon l’Assurance Maladie, est de voir émerger un « désert en tache d’huile », qui pourrait concerner bientôt près de 15 % de la population du secteur.