La santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, expliquée

Soins et médecins en Bourgogne-Franche-Comté : quelles réalités sur le terrain ?

Introduction : L'accès aux soins, une préoccupation ancrée dans la région

L’accès aux soins interpelle tout acteur impliqué dans la santé publique, et la Bourgogne-Franche-Comté (BFC) n’échappe pas à ce questionnement. Alors que la problématique de la démographie médicale et des déserts médicaux fait régulièrement les gros titres au niveau national, la réalité régionale mérite d’être examinée avec précision. Ici, l’équilibre entre zones rurales, villes moyennes et bassins de vie périurbains impose des défis bien spécifiques, à la croisée des réformes nationales, des dynamiques démographiques et des initiatives territoriales.

Cet article propose un état des lieux solide, des chiffres récents, et des pistes d’action adaptées à la BFC – à destination des collectivités, des professionnels de santé, du secteur médico-social et des acteurs de la prévention.

La démographie médicale en BFC : chiffres, disparités et tendances

Où en est-on ?

Département Densité médecins (pour 100 000 hab.) Population (estimation 2023)
Côte-d'Or 312 540 000
Doubs 277 542 000
Saône-et-Loire 233 550 000
Nièvre 191 208 000
Jura 217 260 000
Yonne 212 338 000
Haute-Saône 186 231 000
Territoire de Belfort 295 141 000

À retenir : Le contraste entre la Côte-d'Or (notamment autour de Dijon) et la Nièvre ou la Haute-Saône s’accentue. Près de 40 % des médecins généralistes travaillent dans une seule agglomération régionale (Dijon ou Besançon).

L’âge moyen des médecins : un facteur aggravant

En BFC, l’âge médian des médecins libéraux dépasse les 53 ans (Assurance Maladie, Atlas 2022). Plus d’un tiers a plus de 60 ans dans les départements du nord de la région – la question du renouvellement des praticiens est donc particulièrement aiguë dans la Nièvre, l’Yonne ou la Haute-Saône.

À surveiller dans les prochaines années : Entre 2021 et 2030, selon l’ARS, environ la moitié des généralistes actuellement en exercice atteindront l’âge de la retraite. Dans la Nièvre, certains bassins de vie pourraient voir leur effectif médical diminuer de 50 % si aucun nouveau médecin ne s’installe.

L’accès aux soins de proximité : effets de la démographie médicale

Qu’est-ce qu’un "désert médical" ?

La notion de "désert médical" recouvre différents critères : absence de médecin à moins de 15 minutes, délai d’attente pour un rendez-vous, densité inférieure au seuil fixé par le zonage de l’ARS. Ce phénomène, ici comme ailleurs, concerne d’abord la médecine générale, mais gagne désormais de nombreux spécialistes (ophtalmologues, pédiatres).

Conséquences concrètes sur la population

Le manque de médecins impacte directement le recours aux soins et aggrave les inégalités territoriales :

À partager dans vos réseaux : En BFC, plus de 180 000 habitants vivent dans une commune sans médecin généraliste permanent (sources : INSEE, Atlas Régional de la Santé 2023).

Les deux visages de la région : ruralités et villes moyennes

La singularité des zones rurales

Ce que l’on observe dans la région, c’est une accentuation rapide de la contrainte d’accès dans les territoires ruraux et de faible densité. Les départements comme la Nièvre, la Saône-et-Loire ou la Haute-Saône cumulent isolement, vieillissement de la population et raréfaction des professionnels.

Pour un médecin installé à Decize (Nièvre), “le temps consacré à la coordination et au déplacement est en hausse constante, au détriment de la prise en charge clinique”, selon l’URPS Médecins Libéraux.

Les villes moyennes : un enjeu intermédiaire

Les villes comme Montbéliard, Sens ou Chalon-sur-Saône, souvent perçues comme “zones d’attractivité secondaire”, peinent à attirer de nouveaux médecins, alors que leurs besoins en santé publique restent forts (polarisation de l’offre, précarités, accroissement démographique).

Initiatives régionales et leviers d’action

Actions en cours

Perspectives à court et moyen terme

La dynamique observée en BFC est claire : les actions “classiques” d’incitation à l’installation ne suffisent plus, surtout là où le vivier de médecins reste faible. Il devient indispensable de penser à l’échelle de l’équipe pluriprofessionnelle territorialisée.

Pour qui, concrètement ?

Réflexion et leviers pour l’avenir régional

La démographie médicale est un enjeu de justice territoriale. Pour la BFC, il n’y aura pas de progrès sans solutions adaptées aux contextes locaux : soutenir les généralistes isolés, expérimenter de nouveaux modèles d’exercice, amplifier la coordination des acteurs et développer l’attractivité des territoires.

À retenir pour les prochains mois :

À partager dans vos réseaux : L’amélioration de l’accès aux soins passera, en BFC, par une mobilisation décloisonnée et durable de tous les acteurs au service des habitants – du maire de village au centre hospitalier régional.

Sources utilisées : ARS Bourgogne Franche-Comté (Chiffres clés, 2023), Assurance Maladie (Atlas régional 2022-23), Santé publique France, INSEE, URPS Médecins Libéraux BFC.

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