L’isolement social, défini par la Fondation de France comme le fait de n’avoir aucun ou quasi aucun lien avec les réseaux familiaux, amicaux, professionnels ou associatifs (Fondation de France, 2023), connaît depuis dix ans une progression remarquable en France. Le dernier Baromètre de la solitude estime à 7 millions le nombre de personnes en situation d’isolement relationnel, soit environ 14 % de la population adulte.
Pour la Bourgogne-Franche-Comté, cette tendance est accentuée par la spécificité du territoire : une population plus âgée que la moyenne nationale (près d’1 habitant sur 5 a plus de 65 ans selon l’INSEE), la prégnance des espaces ruraux (environ 60 % du territoire selon la DREAL), et une densité médicale inférieure à la moyenne France, notamment dans la Nièvre et la Haute-Saône (DREES, 2023).
- En Côte-d’Or et dans le Doubs, la part d’aînés vivant seuls approche les 30 % dans certaines zones rurales (INSEE, RP 2019).
- Près de 9 % des ménages de Bourgogne-Franche-Comté sont des ménages d’une personne de plus de 75 ans vivant seule (contre 7,6 % en France, INSEE, 2021).
- La fracture numérique reste élevée : plus de 17 % des plus de 60 ans n’utilisent jamais Internet en région (Arcep, 2023).
L’isolement touche aussi les jeunes (étudiants éloignés de leur famille, jeunes en rupture sociale), les personnes en situation de handicap ou précaires. Ces réalités s’entrecroisent et se renforcent. Dans ce contexte, les associations locales occupent une place majeure, souvent en première ligne.