Pourquoi ces différences ? Avant tout, la tradition viticole historique façonne des habitudes de consommation « culturelles » profondément ancrées — surtout dans la Saône-et-Loire, la Côte-d’Or ou le Jura. Ces territoires affichent d’ailleurs une surreprésentation d’alcool consommé sous forme de vin, quand d’autres départements (Doubs, Territoire de Belfort) se rapprochent de la moyenne nationale pour la bière et les alcools forts.
Autre facteur clé : les déterminants sociaux de santé. C’est-à-dire l’ensemble des conditions dans lesquelles les personnes naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent. On le constate : là où le chômage, la précarité sociale et l’isolement sont plus marqués, la consommation d’alcool à risque augmente. La Nièvre cumule ainsi : une population vieillissante, des fragilités socio-économiques, un accès aux soins parfois limité, notamment pour l’addictologie.
Derrière les chiffres, on mesure aussi l’impact direct : surmortalité par cirrhose et cancers, mais aussi accidents de la route et violences intrafamiliales. Le taux de mortalité prématurée évitable (c’est-à-dire les décès qui auraient pu être évités par la prévention ou des soins appropriés) liés à l’alcool est supérieur de 30 % à la moyenne nationale dans la Nièvre et la Saône-et-Loire (INSEE, 2022).